Entretien avec Izïa, étoile montante du rock, comparée au moins vocalement à Janis
Joplin ou Patti Smith, en concert, ce soir, à Châteaudun, sous la Halle. La scène, c'est son domaine !
(La République du Centre, édition Eure-et-Loir, samedi 3 et dimanche 4
octobre)
Izïa, on parle de vous comme le nouveau phénomène rock et on vous compare régulièrement à Patti Smith ou
Janis Joplin. Ces références ne sont-elles pas un peu intimidantes ?
Intimidantes non, surtout exagérées. En France, on a toujours tendance à vouloir comparer, on aime bien
catégoriser, sinon les gens sont perdus... Il existe trois rockeuses, Patti Smith, Janis Joplin, PJ Harvey et la moitié d'une, Courtney Love, pour certains titres. Forcément, dès qu'une nana fait
du rock et chante en anglais, on la compare à une de celles-là. Évidemment, je suis quand même très touchée.
À 19 ans, vous avez déjà une belle expérience scénique derrière vous. Racontez-nous votre parcours
?
J'ai commencé à composer à 13 ans, comme cela, dans ma piaule, avec ma gratte. À 15 ans, j'ai arrêté l'école. J'ai
rencontré des musiciens, on a monté un set pour pouvoir participer à un festival et cela a cartonné... Un an après, on a fait le Printemps de Bourges et là c'était vraiment parti. On a trouvé un
tourneur. Tout s'est fait de façon très naturel, très rapide.
Quelles sont vos influences musicales et quelle a été l'influence de votre père, Jacques Higelin, dans
votre éducation musicale ?
Mon père a eu une place très importante. Il m'a guidée sans jamais chercher à m'imposer ses choix. J'ai vécu dans
une maison où l'on jouait du piano, on écoutait de la musique toute la journée. Mon père me mettait les Beatles dans la voiture en m'emmenant à l'école quand j'avais 6 ans... La musique est venue
à moi comme une évidence. Dès 8 ans je chantais et, à 11 ans, je savais ce que je voulais faire.
Quant à mes influences, en fait je n'en ai pas vraiment. Ça dépend des moments, j'écoute de tout. C'est plutôt la
colère, les sentiments qui m'influencent...
Je suis hyperfière d"être la fille de Jacques Higelin
et la soeur d'Arthur H. Je suis quand même bien tombée
!
Vous êtes fille de..., soeur de... (Arthur H). Ça ne doit pas être facile de se faire un prénom ?
Si, c'est très facile ! Je n'ai jamais eu le complexe d'être la fille de Jacques Higelin et la soeur d'Arthur H,
au contraire, j'en suis hyperfière. J'adore ce qu'ils font. Je suis quand même plutôt bien tombée, non ! En plus ma musique est tellement différente de la leur...
Votre truc à vous, c'est plutôt un rock brut et bruyant, à la limite du punk, que l'on n'entend finalement
peu en France.
Malheureusement... Heureusement pour moi... En fait, en France, on met les mauvais mots sur les mauvais sons et,
ce que l'on appelle rock est la plupart du temps de la pop. Ma musique n'est pas punk, pas brute, c'est du rock ! Comme on l'entend aux Etats-Unis ou en Angleterre.
C'est aussi pourquoi vous chantez et écrivez en anglais ?
C'est indissociable. Le rock en anglais, c'est la base. Certains groupes ont super bien associé le français à ce
son, les Noir Désir par exemple... Mais pour moi, l'anglais, c'est évident. Ça sonne mieux. Je préfère.
Il faut avant tout vous voir sur scène où vous vous donnez à fond.
J'ai un rapport très physique à la musique que je n'intellectualise pas du tout. Elle passe à travers mes bras,
mon corps, mes cheveux, ma tête... La scène, c'est un partage avec les musiciens, le public. Quelque chose se passe. Une énergie, presque sexuelle, qui déborde ! C'est vraiment libérateur. Voir
le public se lâcher, c'est du bonheur. Je donne mais je prends aussi beaucoup, tout ce que les gens ont à me donner. Certains se défoulent sur scène. Moi, je me recharge.
Après un premier album enregistré en juin et un été sur les scènes de festivals, quels sont vos projets
aujourd'hui ?
On va entamer la tournée d'hiver qui sera complètement différente de celle d'été. Dans les festivals, le public
n'est pas lié à toi mais à plusieurs groupes. Dans des petites salles, il viendra nous voir nous, ce sera une manière différente d'aborder les concerts, c'est très excitant ! On a des dates
prévues jusqu'à fin mars. Après on verra ce que l'avenir nous réserve. Un deuxième album...
Un duo avec Jacques Higelin, également à l'affiche de la saison culturelle de Châteaudun, ça vous dit ?
Pourquoi pas. Ça pourrait être cool ! Nous avons déjà fait des petites chansons sur scène quand j'étais petite...
Avec Arthur, nous avons aussi repris, tous les deux, un titre de lui, "Mona Lisa Klaxon", sur scène. C"était super sympa.
Stéphanie Biju.